Georgio - Svetlana et Maïakovski

Publié le par Hillslion

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Et j'aimerais vraiment vous faire voir qu'aucun jour se ressemble
Chaque nuit a ses histoires d'amour et de sang
Sa p'tite gueule dans le miroir a de la tristesse à revendre
Elle ira voler leur grimoire, les arcs-en-ciel et les anges
Il pleut des larmes, des lames, des âmes perdues dans les cieux
Et cette femme a des airs de torture pour les plus vicieux
Bienvenue dans les flammes de Pigalle, les nuits obscures
La face cachée d'la ville des amoureux
Elle danse comme Salomé dans la Bible, elle fait tourner la tête
J'croise les yeux ivres de ces hommes, Paris est une fête
Svetlana contacte ses amis, ment sa vie sur Internet
La princesse de la toundra n'est qu'une pute à Paris
Elle se cache pour pleurer ; en séchant ses yeux, elle comprit
Qu'elle essuyait ses rêves ; qu'ici, c'est la guerre froide sans trêve
Au p'tit matin, retour dans la chambre de bonne
Avec une odeur qui hante les morts, et la froideur du mat qui cogne

Et quand tu dors
Ressens-tu le vent du Nord ?
Je sais qu'il fait froid dehors
Mais réponds-moi, es-tu morte ?
Es-tu morte ?
Es-tu morte de peur par leur faute
Le matin se lève, tu as fini
Et tu mords, et tu mords les autres

Elle se rase la tête pour son côté féministe
Les mecs ne voient rien sur la rivière du Kama
Elle était irrésistible
La déprime a griffé son corps qu'elle expose sur l'trottoir
Ses yeux imbibés d'alcool nous racontent ses cauchemars
Mais de toute façon, qu'est-ce qu'on s'en fout que la Terre n'tourne pas rond ?
Est-ce que nous on tend la main ? Nan, mais toute façon
Qu'est-ce qu'on s'en fout d'aider son voisin
Svetlana est solitaire et c'est bien mieux comme ça
C'est l'feu dans sa tête quand elle fait les cent pas
Elle repense à hier, à ses parents qu'elle ne reverra sans doute jamais
Aux enfants du village qui lui couraient après
À minuit et demi, elle travaille, qu'il vente ou qu'il neige
Le ciel pollué garde les étoiles pour lui ; elle n'a pas d'privilège
Et elle s'invente rockstar ou amour perdu de florilège
Jusqu'à ce qu'un client, bâtard, lui manque de politesse
Obligée d'simuler, qu'elle aime l'étranger allongé dans son lit
Ses pensées récitent des poèmes de Maïakovski
Tu vois comme quoi on peut s'évader d'différentes façons
Lui, il baise ; elle, elle pense
Le corps gelé et le souffle glaçon

Et quand tu dors
Ressens-tu le vent du Nord ?
Je sais qu'il fait froid dehors
Mais réponds-moi, es-tu morte ?
Es-tu morte ?
Es-tu morte de peur par leur faute
Le matin se lève, tu as fini
Et tu mords, et tu mords les autres

Georgio - Svetlana et Maïakovski
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