L'Algérino - Humeur d'un jour

Publié le par Hillslion

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Mais qu'est-ce tu veux que j'dise à ma fille quand elle sera grande
"Désolé papa était underground", merde à la sère-mi, loin d'être verni
Moi, j'ai fait des tubes, mais j'rap comme c'est pas permis
Mon art, il est sur scène
Il s'adresse à tout l'monde
J'suis né à Marseille, j'aurais pu naître à Vitry-Sur-Seine
J'ai rien d'un génie, c'est l'amour de la musique, 
L'amour de la rue, celle que beaucoup d'gens dénigrent
On a fait ça par passion ; on a fait ça aussi pour le fric, c'est vrai
On vient reprendre ce qu'on nous as pris en Afrique
Parcours aléatoire, destin pré-écrit, 
La rue m'a contaminé, j'suis un rat d'laboratoire moi
J'ai fait le tour du monde, ça m'a ouvert l'esprit
Bizarre comme trois notes de musiques peuvent changer une vie
Je chantais l'espoir, je chantais l'amour
Mais ils veulent la guerre ; un calibre, c'est devenu glamour
Depuis la capitale, ils entendent des rafales
De kalash, des mères pleurent, ils savent même pas de quoi ils parlent
Ils vendent de la haine, de la violence payante
Et ils s'étonnent que les p'tits frères pressent des détentes
De l'undergound  j'ai gardé l'esprit, 
Mais l'rap c'est pas ma religion, frère, c'est que du ness-busi
Soit tu fais des sous, soit tu t'arrêtes au succès d'estime
Y a pas d'prison dans mon CV, que des vérités dans mon CD
J'aurai pu te parler d'armes et d'coke pour vendre plus de CD
J'aurais pu t'parler d'putes et d'fric
Moi, j'suis fidèle à mon éthique
Moi, pour ce coté de la street, j'ai jamais plaidé
Petit, j'viens pas t'inciter
Hram haliya, trop de mes frères sont déjà décédés
La foi m'a guidé
Dans la zik', j'me suis vidé
Loin de moi, l'envie de trahir mes idées
A l'époque, j'm'inquiétais ; j'avais pas de lovés
Seul dans ma cave, les maisons d'disques me snobaient
J'avais besoin d'cash, je cherchais le plan B
J'ai fait de la musique et j'vois les potes tous tomber
J'me suis rendu crazy à écrire d'la qualité
Me comparez pas aux autres, ils font que d'la quantité
J'vais tout niquer, vous avez pas idée
J'suis Johnny de mon bled, j'suis Johnny Hallyday
On m'a tellement rabaissé, yemma
Un jour, je lâcherai la musique, rien à foutre de cette Dounia
Au fond de moi, j'ai jamais été heureux
Même avec les euros, j'rêve de mourir miséreux
Même avec les euros, j'rêve de mourir miséreux
L'Algé !

J'écris pas pour inciter la jeunesse à faire du mal
J'fais pas fantasmer les p'tits à parler de drogue, de prison
À te parler d'armes
À Marseille, c'est l'KO
J'ai perdu des amis, des frères, j'ai vu trop de mères en larmes
Fuck tous ces rappeurs qui font l'apologie du crime, d'leur kalash à deux balles
Ils savent même pas d'quoi ils parlent

*Hé oui l'Algé, c'est pas des hommes
Pour moi les hommes c'est ceux qui se lèvent le matin pour aller travailler, charbonner, 
Pour nourrir leurs enfants et assumer leur famille
Le haram, ça ne paye pas, la hagra, ça se paye tôt ou tard, 
Alors, réveillez-vous, les frères, réveillez-vous, avant qu'il ne soit trop tard*

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